Informations médicales utiles

QUELLE EST LA FONCTION DES REINS?

Pour rester en vie, l’organisme a besoin d’énergie, laquelle provient d’une série de réactions qui ont lieu dans son unité fonctionnelle, la cellule. Les matières premières pour produire de l’énergie se trouvent dans les différentes substances que l’on reçoit quotidiennement en s’alimentant. En plus de produire de l’énergie, ces réactions chimiques génèrent des substances utiles mais aussi nuisibles et toxiques pour le corps, qu’il convient de conserver ou d’éliminer, selon le cas. Le rein est principalement responsable de ce processus, si bien qu’on peut le qualifier de «filtre» de l’organisme.

 

COMBIEN DE REINS AVONS-NOUS?

L’être humain naît généralement avec deux reins, qui ont la forme d’un haricot et sont situés en arrière de la cavité péritonéale. La fonction principale du rein est de réguler l’homéostasie en ce qui concerne l’eau, les électrolytes (potassium, sodium, calcium, phosphore, magnésium...), l’équilibre acido-basique (pH, CO2, HCO3et plusieurs autres solutés (urée, créatinine, glucose, acides aminés, protéines...).

Le rein secrète certaines hormones (rénine, vitamine D, érythropoïétine, prostaglandines) tandis que d’autreshormones (vasopressine, aldostérone, peptide natriurétique auriculaire, parathormone) agissent sur le rien.

Le rein influence et est influencé par presque tous les systèmes fonctionnels de l’organisme. Des maladies, comme l’hypertension, le diabète sucré, la polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux disséminé, les vascularites, certaines maladies héréditaires, la prise de certains médicaments (antibiotiques, anti-inflammatoires) et des conditions physiologiques comme la grossesse affectent sa structure et son fonctionnement.

QUE FAIRE LORSQUE LES REINS CESSENT DE FONCTIONNER ET QU’EST-CE QUE L’INSUFFISANCE RÉNALE?

L’insuffisance rénale se divise grosso modo en deux grandes catégories: l’insuffisance réversible et l’insuffisance irréversible

La première catégorie peut conduire à une insuffisance rénale aiguë, la seconde à une insuffisance rénale chronique. Une partie des personnes souffrant d’insuffisance rénale chronique devra finalement avoir recours à un traitement de suppléance, comme l’hémodialyse périodique, la dialyse péritonéale ou la transplantation rénale.

Nombreuses sont les causes pouvant conduire à une insuffisance rénale aiguë: des causes pré-rénales (déshydratation, réduction du flux sanguin vers les reins), rénales (obstruction de l’artère rénale ou de la veine, glomérulonéphrite, toxines endogènes ou exogènes, obstruction intrarénale, maladie vasculaire intrarénale) ou post-rénales (obstruction des voies urinaires, à savoir tumeurs, lithiases). Lorsque la fonction rénale n’est pas globalement rétablie plus de six mois après un épisode d’insuffisance rénale aiguë, l’insuffisance rénale devientchronique.

Les troubles de la fonction rénale peuvent conduire à divers problèmes, parfois mortels, comme une hyperkaliémie, une acidose métabolique ou un œdème pulmonaire. Le syndrome urémique figure parmi les complications de l’insuffisance rénale chronique. Certaines des complications de l’insuffisance rénale sont l’anémie, la déshydratation, les démangeaisons, la peau sèche, la pigmentation de la peau, les nausées, les vomissements, l’anorexie, la maladie des os, les troubles de la libido, l’impuissance, la fatigue, la confusion, l’astérixis, les convulsions, la neuropathie périphérique, la myopathie, le coma, l’hypertension artérielle, l’épanchement péricardique, l’œdème périphérique, les troubles du sommeil, les crampes des membres inférieurs, l’anxiété, la dépression, la sensibilité aux infections.

Plus le diagnostic de la maladie rénale, est précoce, plus on a de chances d’éviter des complications graves et potentiellement mortelles.

QUELS SONT LES SIGNES ET SYMPTÔMES DE L’INSUFFISANCE RÉNALE?

Les reins en bonne santé remplissent trois fonctions essentielles:

1.    Ils éliminent les toxines du sang grâce à la production d’urine..

2.    Ils régulent les niveaux des liquides et des électrolytes nécessaires à l’organisme.

3.    Ils remplissent leur fonction endocrine en secrétant des hormones.

L’insuffisance rénale chronique est la perte progressive et irréversible de la fonction rénale.

La maladie rénale chronique se divise en cinq stades:

1.    Stade 1: atteinte rénale avec DFG normal ou augmenté> 90 ml/min/1.73 m2

2.    Stade 2: DFG légèrement diminué: 60 - 89 ml/min/1,73 m2

3.    Stade 3: DFG moyennement diminué: 30 - 59 ml/min/1,73 m2

4.    Stade 4: DFG fortement diminué: 15 - 29 ml/min/1,73 m2

5.    Stade 5: insuffisance rénale - avec DFG <15 ml/min/1,73 m2

Au stade 5, les reins ne peuvent plus fonctionner et la fonction rénale nécessite un traitement de substitution.
Malheureusement, les symptômes de l’insuffisance rénale chronique sont souvent modérés et l’on observe donc un retard important dans le diagnostic et le traitement.
Les causes de l’insuffisance rénale chronique sont:

1.    le diabète sucré de type I et II, qui est désormais la cause principale

2.    l’hypertension artérielle

3.    la glomérulonéphrite  (primaire et secondaire).

4.    les calculs rénaux et les infections urinaires  (pyélonéphrite).

5.    les maladies héréditaires des reins, notamment la polykystose rénale.

6.    les médicaments, les métaux lourds et les substances toxiques.

Malheureusement, les symptômes de l’insuffisance rénale chronique sont souvent modérés et l’on observe donc un retard important dans le diagnostic et le traitement.

Selon le système atteint, les signes suivants apparaissent:

  1. Système cardio-vasculaire

o    péricardite

o    arythmies

o    hypertrophie ventriculaire gauche

o    insuffisance cardiaque

o    maladie coronarienne

  1. Système respiratoire

o    œdème pulmonaire non cardiogénique (poumon urémique)

o    pleurésie

  1. Système hématopoïétique

o    anémie

o    diathèse hémorragique

o    troubles de l’immunité

  1. Système gastro-intestinal

o    anorexie, nausées, vomissements, troubles du goût

o    gastrite

o    ulcère intestinaux

  1. Système nerveux central

o    irritabilité, insomnie, léthargie, convulsions, coma

  1. Système nerveux périphérique

o     syndrome des jambes sans repos

  1. Système musculo-squelettique

o    douleurs musculaires, faiblesse musculaire

o    arthrite goutteuse/pseudo-goutteuse

o    syndrome du canal carpien

  1. Système endocrinien

o    hyperparathyroïdie

o    aménorrhée

o    impuissance

  1. Peau

o    démangeaisons

  1. Électrolytes et équilibre acido-basique

o    hypervolémie - hyperhydratation


OÙ A LIEU LA DIALYSE ET À QUELLE FRÉQUENCE?

La procédure de dialyse s’effectue habituellement dans les unités d’hémodialyse, qui fonctionnent soit de manière autonome ou en tant que départements indépendants dans des hôpitaux ou des cliniques.
À l'étranger, l’hémodialyse à domicile, faite par le patient lui-même à l’aide de l’appareil de dialyse installé chez lui, est très répandue.
La dialyse classique dure de 3 à 5 heures et a lieu trois ou quatre fois par semaine. D’autres formes de dialyse sont également utilisées, comme en France l’hémodialyse de nuit d’une durée de huit heures, l’hémodialyse nocturne quotidienne à domicile et l’hémodialyse quotidienne de plus courte durée.
Il convient également de mentionner d’autres types de dialyse comme l’hémodiafiltration en ligne, qui représente une véritable percée en néphrologie et est utilisée dans tous nos centres.

Ces dernières années, la biotechnologie s’est concentrées sur la recherche de formes améliorées d’hémodialyse, qui visent à ce que la technique de dialyse ressemble autant que possible à la fonction rénale normale. L’hémodiafiltration en ligne est l’une de ces techniques de substitution de la fonction rénale. Elle combine les deux procédés de purification, la diffusion et la filtration, et utilise comme liquide de substitution une solution stérile et non pyrogène produite au cours de la séance de dialyse. 

Le recours à cette méthode est principalement indiqué en cas d’épisodes d’hypotension symptomatique, en particulier chez les patients présentant une altération du système cardiovasculaire, car elle permet une meilleure régulation de la perte de liquides chez ces patients. Par ailleurs, plusieurs études menées ces dernières années ont permis de trouver une meilleure clairance de la créatinine, de l’urée et du phosphore et de baisse significative de la bêta2-microglobuline, une substance qui s’accumule chez les patients hémodialysés et provoque souvent des douleurs osseuses. 

Cela montre non seulement que l’hémodiafiltration en ligne provoque moins d’épisodes d'hypotension symptomatique et offre une meilleure qualité de vie, mais aussi qu’elle permet de lutter contre la neuropathie urémique, qu’elle limite probablement l’amylose de la dialyse et enfin qu’elle contribue sans doute à augmenter l’espérance de vie de ces patients.

Les patients atteints d’insuffisance rénale chronique ne présentent généralement pas de symptômes graves jusqu'à ce que la fonction rénale soit réduite à 10-15% de la normale. Jusqu’à ce stade, la décompensation est en mesure de maintenir les fonctions essentielles de l’organisme. Lorsque la fonction rénale est inférieure à 10 ml/min (pour les patients diabétiques, inférieure à 15 ml/min), la décompensation ne suffit plus à assurer les fonctions normales de l’organisme et la fonction rénale doit être remplacée.

L’hémodialyse est un procédé de substitution rénale (les deux autres sont la dialyse péritonéale et la transplantation). Pour ce procédé, on utilise le sang du patient et un filtre spécial, ainsi qu’un liquide appelé dialysat permettant d’éliminer les substances toxiques accumulées dans le corps et de conserver les composants utiles. Il s’agit en fait d’un circuit fermé qui passe à travers l’appareil de dialyse.

Pour atteindre un débit sanguin élevé, le chirurgien vasculaire crée un accès vasculaire (fistule) entre l’artère et la veine du patient. Autrement, si les veines du patient ne sont pas adaptées, on peut interposer un greffon plastique entre l’artère et une plus grosse veine ou avoir recours à un cathéter permanent placé dans une veine centrale (jugulaire ou sous-clavière).

La dialyse présente les avantages suivants: le médecin est constamment en contact avec le patient, elle a généralement lieu trois fois par semaine et elle ne nécessite pas d’équipement spécial à domicile.

 

QU’EST-CE QUE L’HÉMODIALYSE?

Les patients atteints d’insuffisance rénale chronique ne présentent généralement pas de symptômes graves jusqu'à ce que la fonction rénale soit réduite à 10-15% de la normale.Jusqu’à ce stade, la décompensation est en mesure de maintenir les fonctions essentielles de l’organisme. Lorsque la fonction rénale est inférieure à 10 ml/min (pour les patients diabétiques, inférieure à 15 ml/min), la décompensation ne suffit plus à assurer les fonctions normales de l’organisme et la fonction rénale doit être remplacée.

L’hémodialyse est un procédé de substitution rénale (les deux autres sont la dialyse péritonéale et la transplantation). Pour ce procédé, on utilise le sang du patient et un filtre spécial, ainsi qu’un liquide appelé dialysat permettant d’éliminer les substances toxiques accumulées dans le corps et de conserver les composants utiles. Il s’agit en fait d’un circuit fermé qui passe à travers l’appareil de dialyse.

Pour atteindre un débit sanguin élevé, le chirurgien vasculaire crée un accès vasculaire (fistule) entre l’artère et la veine du patient. Autrement, si les veines du patient ne sont pas adaptées, on peut interposer un greffon plastique entre l’artère et une plus grosse veine ou avoir recours à un cathéter permanent placé dans une veine centrale (jugulaire ou sous-clavière).

La dialyse présente les avantages suivants: le médecin est constamment en contact avec le patient, elle a généralement lieu trois fois par semaine et elle ne nécessite pas d’équipement spécial à domicile.

COMMENT S’EFFECTUE L’HÉMODIALYSE?

L’hémodialyse est la méthode la plus courante de substitution de la fonction rénale.


Ce procédé nécessite:

1.    un accès vasculaire (fistule), un greffon synthétique, un cathéter provisoire ou permanent

2.    des aiguilles et des lignes d’hémodialyse

3.    un filtre d’hémodialyse

4.    un dialysat

Plus simplement, comment a lieu l’hémodialyse

Une ponction veineuse de la fistule est réalisée. Le sang du patient, qui contient les déchets produits par l’organisme (urée, créatinine, potassium, etc.), est transporté par une ligne spéciale (appelée ligne artérielle) et au moyen de la pompe de l’appareil de dialyse vers le filtre qui agit comme une membrane semi-perméable sélective et permet l’échange sélectif de substances entre le sang et la solution, et vice versa. En même temps, les liquides superflus sont éliminés. Le sang désormais purifié est renvoyé au patient par l’intermédiaire d’une deuxième ligne (ligne veineuse). Cette procédure qui se déroule en continu pendant la séance a pour effet d’équilibrer les liquides et les électrolytes dans le sang du patient session et d’assurer sa survie. Le procédé se déroulant avec un accès direct au sang du patient, il permet d’administrer par les lignes d’hémodialyse les préparations nécessaires, comme des vitamines, des agents érythropoïétiques et d’autres produits pharmaceutiques nécessaires.

Pour parvenir à une bonne hémodialyse, il faut que tous les éléments qui interviennent soient de qualité, le régulateur principal étant le filtre.

EN QUOI L’HÉMODIALYSE CHANGE-T-ELLE LA VIE?

L’hémodialyse est un procédé chronique et récurrent. Le patient est invité à s’adapter à un nouveau mode de vie qui consiste à passer une grande partie de son temps au centre de dialyse, à respecter des règles alimentaires et à prendre plusieurs préparations pharmaceutiques.

Les progrès accomplis en matière d’infrastructures, avec la création de centres de dialyse indépendants répondant à des normes strictes de construction, d’hygiène, etc., ont considérablement amélioré l’état psychologique et la qualité de vie des patients.

On entend par qualité de vie la façon dont chacun opère au sein de la société et la façon de vivre les événements qui caractérisent la vie humaine.

Le développement de la biotechnologie et de la pharmacologie contribue, en introduisant de nouveaux filtres à haut débit et de nouvelles méthodes d’hémodiafiltration en ligne, à la prévention et à la diminution des complications de la maladie rénale chronique et constituent un bouclier pour le patient.

L’hémodialyse moderne traite le patient en dialyse comme un membre actif de la société dans tous les domaines de la vie quotidienne, qu’il soit travailleur, sportif ou étudiant.
Pour parvenir à une bonne qualité de vie, il est nécessaire d’avoir une bonne collaboration médecin-patient- infirmière et de considérer le patient chronique comme un individu précieux et indépendant.



QUEL RÉGIME ALIMENTAIRE DOIS-JE SUIVRE POUR L’HÉMODIALYSE?

La diététique en hémodialyse est un facteur très important pour la survie et la qualité de vie. Il existe certains principes fondamentaux concernant l’alimentation au cours de l’hémodialyse, mais le régime doit être adapté en fonction de l’âge, des maladies concomitantes et de l’activité du patient.

Les principales règles de diététique

1. Un apport hydrique équilibré

Dépend de la diurèse résiduelle. Normalement, l’apport hydrique est limité et tient compte de l’eau contenue dans la nourriture. Pour lutter contre la soif, on recommande une consommation limitée de sel. Risque d’absorption excessive de liquide et œdème pulmonaire


2. Prise limitée d’aliments riches en potassium

Les fruits et légumes sont des aliments riches en potassium. Leur consommation doit être limitée et il est nécessaire de les préparer.

Coupez les fruits et légumes en petits morceaux avant de les consommer.

- Épluchez les fruits et légumes tels que les pommes de terre, tomates, carottes, pommes, poires.

- Plongez les légumes dans de l’eau pendant au moins deux heures avant de les cuisiner. Ensuite, rincez-les et faites les bouillir cinq minutes dans une grande quantité d’eau. Égouttez-les. Renouvelez l’eau et continuez de cuisiner.

Risque d’hyperkaliémie-arythmies mortelles


3. Prise limité de phosphore 

Les produits laitiers, les légumineuses, les céréales sont des aliments riches en phosphore.

En raison de son élimination limitée en cas d’insuffisance rénale, le phosphore en excès s’accumule dans l’organisme et provoque de l’hyperparathyroïdie, source de lésions squelettiques et extra-squelettiques qui affecte les patients à long terme en réduisant leur qualité de vie et en augmentant leur mortalité.

 


4. Nutrition

Les besoins énergétiques des patients atteints d’insuffisance rénale dépendent essentiellement de leur activité physique. Toutefois, l’apport calorique des patients en hémodialyse doit être suffisant pour empêcher le catabolisme (dégradation des tissus musculaires). Dans la mesure où chaque individu est unique, le régime devra être personnalisé et adapté, tout en tenant compte des conditions socio-économiques des patients.

 

MALADIES CONDUISANT À L’INSUFFISANCE RÉNALE

Nombreuses sont les maladies qui peuvent conduire à une atteinte rénale.


La cause la plus fréquente de l’insuffisance rénale dans les pays développés et en voie de développement est aujourd'hui le diabète. Cette maladie, qui a été qualifiée de pandémie, conduit un pourcentage important de patients à l’insuffisance rénale terminale et à l’hémodialyse.


Une autre cause fréquente est l’hypertension, maladie qui concerne également une grande partie de la population.


La glomérulonéphrite, une inflammation des reins, entraîne souvent une insuffisance rénale, tout comme la pyélonéphrite, qui peut être due à une infection urinaire, une lithiase rénale ou des troubles obstructifs (adénome ou hypertrophie ou cancer de la prostate, cancers gynécologiques, etc.), et le reflux vésico-urétéral.


Différents médicaments sont à l’origine de lésions rénales (analgésiques, anti-inflammatoires, immunosuppresseurs, cytostatiques, antibiotiques, produits de contraste, etc.), et d’empoisonnements (champignons, herbicides, métaux lourds, etc.).

Les maladies rénales héréditaires, telles que le syndrome de la maladie polykystique, le syndrome d’Alport, la maladie de Fabry, ainsi que les maladies congénitales (dysplasies ou hypoplasies rénales, etc.).
Les maladies systémiques, telles que le lupus érythémateux disséminé ou la sclérodermie, conduisent souvent à une insuffisance rénale.

Enfin, les maladies néoplasiques, comme le myélome multiple, l’insuffisance rénale aiguë non rétablie, la tuberculose des reins, les tumeurs du rein, les blessures des reins ou leur ablation chirurgicale et les maladies périnatales (nécrose corticale aiguë, pré-éclampsie) comptent également parmi les causes de l’insuffisance rénale.

 

1.    DIABÈTE SUCRÉ

2.    HYPERTENSION ARTÉRIELLE

3.    INSUFFISANCE CARDIAQUE

4.    GLOMÉRULONÉPHRITES OU PYÉLONÉPHRITES

5.    OBSTRUCTIONS (LITHIASES, HYPERTROPHIE DE LA PROSTATE, STÉNOSE DE L’URETÈRE, VALVE DE L’URÈTRE, FIBROSE RÉTROPÉRITONÉALE)

6.    K.OU.P.

7.    MALADIES HÉRÉDITAIRES (POLYKYSTOSE, SYNDROME D’ALPORT, ETC.)

8.    MYÉLOME MULTIPLE

9.    INTOXICATIONS (PLOMB, CHAMPIGNONS, PRODUITS CHIMIQUES, ETC.)

10.  ARTÉRIOSCLÉROSE - MALADIE RÉNOVASCULAIRE

11.  MALADIES SYSTÉMIQUES (AUTO- IMMUNES) (LED, VASCULARITES, ETC.)

12.  NÉPHRECTOMIE BILATÉRALE (TUMEUR RÉNALE BILATÉRALE, ACCIDENTS)

13.  MÉDICAMENTS NÉPHROTOXIQUES

14.  INFECTIONS (TUBERCULOSE RÉNALE, VIRUS DE HANTAAN, ETC.)

15.  INSUFFISANCE RÉNALE AIGUË NON RÉTABLIE

16.  ÉCLAMPSIE


LES MÉDICAMENTS TOXIQUES POUR LES REINS

Les reins jouent un rôle important dans le métabolisme des médicaments et leur élimination de l’organisme. Si, pour une raison quelconque, les reins ne fonctionnent pas, de nombreux médicaments ne sont pas excrétés normalement par l’organisme; ils s’accumulent donc dans le sang et produisent des effets toxiques. Ainsi, le médecin doit réduire la dose des médicaments administrés aux sujets atteints d’insuffisance rénale, en fonction du dommage causé, et/ou augmenter dans l’intervalle la posologie. Les néphrologues possèdent évidemment une plus grande expérience dans ce domaine.

Par ailleurs, de nombreux médicaments influent sur la fonction rénale elle-même. Ces médicaments peuvent aggraver une insuffisance rénale existante, mais aussi provoquer une nouvelle insuffisance rénale, aiguë ou chronique, sur un rein auparavant en bonne santé. C’est pour cette raison qu’ils sont appelés néphrotoxiques.

Les médicaments néphrotoxiques les plus courants sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Des milliers de personnes souffrant de diverses douleurs musculo-squelettiques utilisent ces médicaments tous les jours, sans se rendre compte de la gravité du risque auquel elles s’exposent. Les anti-inflammatoires récents semblent avoir considérablement réduit la toxicité rénale. Toutefois, les personnes atteintes d’une insuffisance rénale ou d’hypertension, les personnes âgées et les diabétiques doivent les éviter.

D'autres médicaments néphrotoxiques sont les aminosides. Ces antibiotiques administrés par injection comprennent l’amikacine, la nétilmicine, la tobramycine, la amycine, la tamicine et la streptomycine. En plus de causer une insuffisance rénale aiguë, ils sont source de surdité.

Les médicaments utilisés dans les tests d'imagerie (tomodensitométrie, pyélographie, angiographie, etc.) sont appelés produits de contraste iodés et ont des effets néphrotoxiques chez certains patients.

L’utilisation chronique d’immunosuppresseurs, comme la cyclosporine et le méthotrexate, provoque des lésions rénales, tandis que les antinéoplasiques (comme le cisplatine) causent également des dommages permanents aux reins.

Beaucoup de poisons ont pour cible les reins. Le venin des serpents, les champignons, les herbicides provoquent des dommages irréversibles au foie et aux reins. Il en est de même pour les métaux lourds comme le plomb et le mercure.

 

1.    AMINOGLYCOSIDES

2.    PRODUITS DE CONTRASTE IODÉS

3.    CYCLOSPORINE

4.    ANTI-INFLAMMATOIRES NON STÉROIDIENS

5.    CISPLATINE ET AUTRES AGENTS CHIMIOTHÉRAPEUTIQUES

6.    HYPOLIPIDÉMIANTS

7.    ABUS DE DIURÉTIQUES, DE CALCIUM, ETC.

 

LA PRÉVENTION DE L’INSUFFISANCE RÉNALE

La meilleure façon de protéger nos reins est d’adopter une bonne nutrition et de mener une vie saine.
Plus précisément, notre régime doit être basé sur les aliments d’origine végétale, avec seulement quelques ajouts mineurs d’alimentation animale. C’est ce que nous appelons le «régime méditerranéen».
Ces aliments ne doivent pas être trop salés, afin d’éviter l’hypertension qui détruit les reins.
Vous devez boire suffisamment d’eau, pas nécessairement minérale, mais au moins de 1,5 à 2 litres par jour, et encore plus en été.
Nous devons surveiller notre poids. Éviter ou, le cas échéant, corriger l’obésité et éviter de fumer qui, sans en être la cause, aggrave les maladies rénales.
Si vous souffrez d’hypertension, veillez à la réguler par un régime alimentaire et des médicaments, en collaboration avec notre médecin.

Idem si vous souffrez de diabète sucré. Le diabète est la principale cause de lésions rénales dans les pays développés et en voie de développement. Un patient diabétique devrait être examiné par un spécialiste des reins au moins une fois par an. D’importantes études ont montré que les diabétiques qui étaient suivis par les néphrologues dès les premiers stades du diabète avaient plus de chances d’éviter l’hémodialyse que ceux qui étaient allés chez le médecin à un stade avancé de la néphropathie diabétique.

Il faudra que les examens pour lesquels le patient prend des produits de contraste iodés (angiographie, etc.) soient prescrits avec parcimonie, lorsque cela est réellement nécessaire. En effet, les produits de contraste affectent d’autant plus les reins qu’il existe déjà un certain degré d’insuffisance rénale. Il convient de toujours peser les avantages par rapport au risque potentiel.

En général, nous devons faire attention aux médicaments qui nous sont administrés. Certains médicaments endommagent directement les reins (comme les anti-inflammatoires) tandis que d’autres qui sont nuisibles lorsqu’ils sont pris conjointement (par exemple, certains antibiotiques en association avec des diurétiques). Soyez donc prudent quand vous introduisez des substances étrangères dans votre organisme. Si vous souffrez déjà d’un certain degré d’insuffisance rénale, informez toujours votre médecin au moment de la prescription. Vous éviterez ainsi les lésions iatrogènes des reins dues à l’ignorance des antécédents médicaux.

 

DIALYSE PÉRITONÉALE

La dialyse péritonéale est l’une des techniques de substitution de la fonction rénale utilisées chez les patients en phase terminale d’insuffisance rénale. Les autres sont l’hémodialyse et la transplantation.

Les trois méthodes sont adéquates quant au résultat, mais le choix de chacune dépend d’un certain nombre de facteurs qui ont à voir avec le patient mais aussi avec la disponibilité des moyens techniques et des ressources humaines et matérielles.

Les trois méthodes utilisent un certain type de filtre pour l’épuration du sang. Le filtre de l’hémodialyse est complètement artificiel, celui de la transplantation tout à fait naturel (le rein transplanté) et celui de la dialyse péritonéale certes naturel, mais ectopique.

La dialyse péritonéale utilise comme filtre le péritoine du patient, c’est-à-dire la membrane biologique qui recouvre la paroi abdominale interne, puis se replie pour couvrir totalement les viscères. Un espace se crée ainsi que l’on appelle la cavité péritonéale et qui ressemble et se comporte comme un ballon légèrement gonflé que l’on tient entre les mains.

La technique consiste à introduire dans la cavité péritonéale une solution d’électrolytes d’un volume et d’une composition tels que l’organisme puisse prendre à travers le péritoine ce dont il a besoin et éliminer ce qui est en surplus, y compris l’eau. À la fin du temps de séjour du fluide dans le péritoine et après l’échange des substances toxiques et de l’excès d'eau, on retire la solution et on la remplace par une nouvelle.

Pour accéder au péritoine, on utilise un cathéter de dialyse péritonéale. Il s’agit d’un petit tube fabriqué en matériaux biocompatibles et d’une morphologie précise, implanté chirurgicalement ou par ponction ou par voie laparoscopique dans une position appropriée à l’intérieur de la cavité péritonéale.

La perfusion du dialysat s’effectue soit manuellement, soit par l’intermédiaire d’appareils automatisés. La méthode manuelle utilise des poches de dialysat et le patient veille lui-même à vider et remplir la cavité péritonéale généralement quatre fois par jour. La méthode automatisée recourt à un appareil qui est programmé pour assurer des cycles de remplissage et de vidange au cours d’une période donnée, de sorte à ce qu’entre 4 et 6 échanges aient lieu pendant la nuit, alors que le patient dort.

Tout cela nécessite bien sûr une mobilisation particulière de la part du patient et de son environnement et une volonté claire de se dialyser soi-même. Le patient reçoit au préalable une formation complète dans un service hospitalier de dialyse péritonéale. Il est informé, il a des instructions et il est prêt à affronter n’importe quel problème pouvant survenir. Il est en contact permanent, 24h/24, avec le service hospitalier pour recevoir des instructions ou des conseils et il y est admis si un problème ne peut pas être facilement résolu. Le respect strict des instructions données par le personnel du service et le suivi méticuleux du traitement par le patient permettent de poursuivre la dialyse pendant un certain temps. Toutefois, au fil du temps, le péritoine se durcit et le rendement du traitement baisse, si bien qu’il devient nécessaire de changer de méthode.

La méthode présente les avantages suivants:

1.    la participation déterminante du patient au traitement,

2.    l’apport de liquides est plus flexible,

3.    l'élimination des épisodes d'hypotension permettant de préserver plus longtemps la fonction rénale résiduelle,

4.    le maintien de la diurèse pendant une durée plus longue, en particulier si la méthode a été chronologiquement la première option de substitution de la fonction rénale,

5.    l’utilisation de ce procédé favorise l’autonomie des patients qui préfèrent voyager dans des zones où il n'existe aucune unité de rein artificiel et dans des zones inaccessibles ou éloignées où on ne peut pas envisager l’accès d’unités de rein artificiel,

6.   son utilisation chez des patients qui n’ont aucune possibilité d’accès vasculaire.

L’inconvénient est qu’au fil du temps, le péritoine se durcit à cause des efforts accomplis et ne fonctionne pas aussi bien que au début, si bien que la purification insuffisante oblige le patient à changer de méthode. Par ailleurs, cette technique n’est pas recommandée chez les patients atteints d’une déficience visuelle ou des problèmes de mobilité, en particulier aux mains. Enfin, la disponibilité limitée de la méthode est également un obstacle à son choix..

 

LA TRANSPLANTATION RÉNALE

La greffe de rein est le traitement choisi par les patients qui sont au stade terminal de l’insuffisance rénale. Les reins proviennent de donneurs vivants apparentés, de donneurs en état de mort cérébrale ou de donneurs récemment décédés. On entend par «mort cérébrale» la mort du tronc cérébral.

Tous les patients en phase terminale d’insuffisance rénale chronique sont théoriquement des candidats potentiels à la transplantation rénale. Bien qu’elle soit une opération chirurgicale relativement simple, la greffe de rein n’est pas une tâche facile, que ce soit pour le client ou pour l’équipe du centre de transplantation. Après la transplantation, le patient doit suivre un puissant traitement immunosuppresseur (par exemple, stéroïdes, cyclosporine, azathioprine, le mycophénolate, tacrolimus, rapamycine, traitement par anticorps). Pour éviter les complications inhérentes à ce traitement, l’équipe du centre de transplantation évaluera l’état du receveur avant l’intervention chirurgicale afin d’en juger la pertinence. En plus de l’examen détaillé des antécédents médicaux du receveur potentiel, il est également nécessaire de procéder à un examen clinique détaillé, à des analyses poussées et à un examen radiologique complet.

Il faut exclure l’existence d’une maladie mentale, la présence de sang dans les selles et la maladie coronarienne. Chez les hommes de plus de 40 ans, un examen de la prostate est nécessaire. Les femmes font un test Pap et un examen pelvien, tandis que celles de plus de 40 ans doivent faire une mammographie. Les fumeurs devront cesser de fumer. Le tractus urinaire inférieur doit être stérilisé avant la transplantation, ce qui sera confirmé par une analyse générale et une analyse d’urine. Une cystographie et un examen urodynamique sont également nécessaires en cas de suspicion d’anomalies génétiques. Le reflux vésico-urétéral doit être corrigé avant la transplantation.

Avant la transplantation, des interventions chirurgicales ont lieu dans les cas suivants:

Néphrectomie: gros reins polykystiques (controlatéral), inflammation chronique du parenchyme, reflux chronique avec inflammation, protéinurie sévère, hypertension non contrôlée, lithiase rénale infectée

Splénectomie: Incompatibilité de groupe sanguin (ABO) entre le donateur et le receveur

Cholécystectomie: Cholélithiase

Colectomie: Antécédents de diverticulite

Prostatectomie: Hypertrophie de la prostate, pouvant provoquer une uropathie obstructive au greffon

Revascularisation coronaire: Maladie coronarienne

Contre-indications à la transplantation rénale:

Cirrhose (sauf en cas de transplantation combinée foie-rein)

Insuffisance respiratoire chronique (risque pendant l’anesthésie générale)

Maladie vasculaire périphérique sévère

Ulcère gastro-duodénal actif (jusqu’à son traitement, pharmaceutique ou chirurgical)

Maladie coronarienne (traitement avant la transplantation par angioplastie ou pontage aorto-coronarien)

Insuffisance cardiaque congestive irréversible (sauf en cas de transplantation combinée cœur-rein)

Lupus érythémateux systémique actif

Infection active par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH)

Inflammation chronique active (ostéomyélite, ulcères atones chez les diabétiques, tuberculose active, infections récurrentes des voies urinaires, péritonites)

Patients porteurs du virus de l’hépatite B (risque accru de décès dû à une résurgence de la virémie après la transplantation en raison de l’immunosuppression)

Cancer foudroyant

Maladies psychiatriques

Non-respect d’un traitement précédent (patients à haut risque de perte du greffon en raison de non-respect du traitement)

Incompatibilité de groupe sanguin (ABO) (risque accru de rejet suraigu ou accéléré)

Incompatibilité HLA (plus la compatibilité des antigènes HLA-A, HLA-B, HLA-DR entre le donneur et le receveur est bonne, plus le résultat de la transplantation est bon)

Compatibilité croisée(cross-matching): lorsqu’elle est positive, la transplantation n’est pas permise en raison du risque accru de rejet suraigu et vasculaire et le rejet suraigu durant la période post-transplantation immédiate.

Une personne peut vivre normalement avec un seul rein. Toutefois, après une greffe de rein et pour éviter les complications indésirables, il est nécessaire de suivre scrupuleusement le traitement prescrit, d’effectuer régulièrement des analyses visant à surveiller le fonctionnement du rein transplanté et le niveau des différents médicaments.

Les complications d’une greffe peuvent être précoces ou tardives. Les complications précoces sont le mauvais fonctionnement des reins, pouvant provenir d’un rejet aigu, de la toxicité de la ciclosporine, d’une ischémie avant revascularisation, de problèmes pré- et post-rénaux, d’une infection par un cytomégalovirus ou par l’herpès EbsteinBarr. Les complications tardives sont la perte de la fonction rénale à la suite d’un rejet ou de la réapparition d’une maladie chronique primaire dans la greffe, l’hypertension, l’hyperlipidémie, l’ostéoporose, le cancer de la peau, les lymphomes, le sarcome de Kaposi, les tumeurs du tractus génital, l’ulcère gastro-duodénal, les troubles psychiatriques, le diabète sucré, les problèmes cardio-vasculaires et autres.

Dans le passé, le moment le plus approprié pour la transplantation à partir d’un donneur vivant apparenté se limitait exclusivement à la tolérance de la méthode de substitution de la fonction rénale. Dernièrement, il est recommandé d’y procéder plus tôt, avant le début du procédé de substitution. C’est-à-dire dès que la clairance de la créatinine atteint 10 ml/min ou 15 ml/min pour les enfants et les diabétiques. L’état général du patient est alors encore suffisamment bon et la fonction rénale suffisamment médiocre pour justifier une transplantation.

En ce qui concerne les receveurs potentiels d’un rein provenant de donneurs vivants ou décédés, il leur est conseillé, pour un meilleur résultat d’une future transplantation, de suivre scrupuleusement leur traitement pharmaceutique et de bien appliquer la méthode de substitution de la fonction rénale (hémodialyse ou dialyse péritonéale). 

 
The text was edited by the MESOGEIOS Medical Board:
George Dimitriadis, Aristidis Paraskevopoulos, Fotis Makris, Theodoros Pliakogiannis, Thenia Papagiannidou, Anastasios Poulopoulos, Kalliopi Retsa
 
Top